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INTRODUCTION AU TAOÏSME ET À LA MÉDECINE CHINOISE
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DES SAVANTS MAITRES
Pourtant, les énigmes contenues dans ce Classique se dévoilent progressivement au fur et
à mesure que des " chercheurs " dénouent cet écheveau et comprennent de mieux en mieux son contenu.
La connaissance de l'énergétique s'enrichit et la pratique acupuncturale atteint, chez certains,
les niveaux d'excellence des anciens grands Maîtres. Monsieur Laville Méry, après 40 ans de pratique
de l'acupuncture traditionnelle, confiait un jour en séminaire s'être rendu compte à deux reprises
dans sa vie de ne pas avoir compris l'acupuncture et avoir du la réapprendre trois fois.
Par le biais de très éminents sinologues, dont les principaux furent des Jésuites en mission,
l'Europe, surtout l'Allemagne, la France et l'Angleterre, s'est fortement intéressée à la Chine
depuis le 17ème siècle. Rendons hommage aux nombreux et importants travaux des missionnaires de l'Institut Ricci.
LES AUTEURS
Depuis 1936, nous possédons l'extraordinaire travail sur l'acupuncture de Monsieur Georges Soulié de Morant.
Depuis ce moment, la France a essaimé sa connaissance de l'acupuncture dans toute l'Europe
(voir l'historique de l'acupuncture dans le monde occidental) mais elle a surtout compté de nombreux
chercheurs ayant exploré le Neï King antique. Ces chercheurs suivis par des vagues successives
de nouveaux praticiens ont permis de mieux comprendre des énigmes alors insurmontables.
Il y a encore 30 ans, la connaissance et la pratique de l'acupuncture, en France, étaient
encore rudimentaires. Les progrès accomplis depuis sont énormes tandis que la Révolution
culturelle plongeait la Chine vers l'abandon de ses racines.
LA FRANCE
Tandis que l'Europe restait marquée de l'empreinte de G. Soulié de Morant, la France faisait
de gigantesques pas en avant, dépassait ses premiers travaux, pour devenir aujourd'hui, sans aucun doute,
un des pays qui connaît le mieux la Pensée, l'acupuncture, et par extension la médecine,
traditionnelles chinoises. Les praticiens français et quelques sinologues sont parmi les plus savants
(avec la Californie, Taiwan et Hong Kong où existaient encore vers les années 1970
les 2 plus grands Instituts d'acupuncture traditionnelle et de médecine chinoise ayant formé nos Maîtres
et nombre des praticiens traditionnels français…). Nous avançons cette opinion de place de leader mondial
sans chauvinisme mais à partir d'une observation aussi objective que possible depuis notre participation
à plusieurs Congrès internationaux, notamment sous l'égide de la Société Internationale
d'Acupuncture - SIA (Chairman, le Docteur Jean Schatz, Président le Docteur De Timowsky).
Plusieurs traductions du Neï King Docteur Chamfrault. Son travail reste une somme importante de connaissances,
notamment en acupuncture, phytothérapie et nutrition énergétiques chinoises traditionnelles.
Docteur Husson Sa traduction du So Ouenn fait toujours autorité et a été une des meilleures depuis plusieurs décennies.
Docteur Duron. Ces dernières années, nous avons pu, enfin, bénéficier de la parution tant attendue
de sa traduction enrichie des commentaires de M. Laville Méry. Celle-ci a été le fruit du travail
d'une équipe de 8 personnes, dont le Docteur Berladier, M. Charles Laville Méry, Jacques Martin Hartz,
un chinois, un vietnamien …) dirigée par le Docteur Duron.
Leurs travaux critiques attestent de la qualité, de la fidélité et de la fiabilité de la traduction.
Son atout majeur, en plus de l'extrême rigueur de leur travail, est la présence dans le texte,
des commentaires du Maître Wang Ping et de M. Charles Laville Méry éminent connaisseur de la Tradition.
En 1954, 3 autres précurseurs rencontrent M. Laville Méry pour lui demander d'apprendre l'acupuncture.
Il les fait recevoir dans les Instituts déjà cités. Il s'agit du Dr J. Schatz, futur président de la Société
Internationale d'Acupuncture, d'André Faubert qui sera, par son enseignement et ses ouvrages,
un leader de cette médecine en France et de Jean Louis Blard, praticien d'une grande expérience.
Immédiatement à la suite de cette publication, nous avons connu celle du Docteur Lavier, chirurgien dentiste,
fameux professeur et praticien acupuncteur, formé à Taiwan par le Professeur Wu Weï Ping et ayant largement
apporté sa contribution à la connaissance de la Tradition parfois la plus ésotérique. Sa traduction du So Ouenn,
conforme aux enseignements anciens, est entièrement rédigée sous forme de " poèmes " ou " contines "
Plus un texte chinois, traduit ou non, est antique plus on est sûr de sa qualité même en tenant compte d'un
perfectionnement du savoir des chinois sur les méridiens et les points d'acupuncture au fil des siècles.
LES AUTRES OUVRAGES DE REFERENCE
Houang Fou Mi, littérateur connu, consigna dans son ouvrage le Kia I King les méthodes pratiques basées sur
la sagesse du NEÏ KING. L'ouvrage a été réédité en 1955. Il est divisé en 12 livres et 128 chapitres traitant
d'anatomie, de physiologie, des points à puncturer, des points interdits, des pathologies et des pouls.
C'est le premier ouvrage se souciant de précision dans l'emplacement des points et qui précise leur
nombre sur chacun des méridiens. De plus il cite et commente des ouvrages aujourd'hui disparus.
Wang Tchou Kou ou Wang Chou Houo (265 à 317) publia son œuvre essentielle pour l'acupuncture:
le Mo Ching ou " livre des pouls ". La médecine chinoise comptait de nombreux traités des pouls.
Ceux-ci étaient si volumineux et si compliqués que Wang Chou Houo décida d'en simplifier la méthode.
Le principal de son travail est encore la référence en vigueur de nos jours. Son ouvrage en 10 chapitres,
est à l'origine d'une abondante littérature, puisque la médecine chinoise comprend 156 ouvrages consacrés
ultérieurement à ce sujet. Dans son livre, Wang Chou Houo, met au point les connaissances de l'antiquité
sur le diagnostic par les pouls radiaux dont parlait déjà Pien Tsiou et dont se serait servi le Maître Hoa To.
Pouls :
Méthode principale et fondamentale du bilan énergétique d'un acupuncteur traditionnel. Le So Ouenn enseigne
que le " Grand Ouvrier " pose son bilan énergétique uniquement à partir du pouls et du teint du visage
La prise du pouls comprend l'examen de l'artère radiale, bien connue en Occident, mais est,
sans comparaison possible, beaucoup plus vaste que celle-ci. Elle apporte une foule de renseignements
sur tout le fonctionnement énergétique, organique, psychologique etc., du patient.
Cette méthode est unique et permet de considérer le patient et non sa maladie, traiter la cause énergétique
et non les symptômes. C'est à dire de faire un traitement strictement individualisé. Sans la prise de pouls énergétique,
cela est impossible. Une édition apocryphe le Mo Tsiué ou " secret du pouls " fut publiée sous les Cinq dynasties (907-960).
Une réédition en fut faite en 1068 et servit certainement de base à une édition comparée en persan, chinois et arabe.
Sa première traduction du latin en français est due au Révérend Père Hervieu en 1735. Au cours des dynasties Sui
(589-618) et Tang (618-907) se déroule une longue période de prospérité pour la Chine où l'acupuncture se développe pleinement.
Souen Seu Mo est l'auteur d'une grande collection médicale contenant une bonne étude de la lèpre,
des ulcérations génitales et leur traitement. Cet auteur a écrit le plus ancien traité chinois d'ophtalmologie et
y exposait les contre indications en acupuncture. Il développa la règle de conduite de l'énergie sans utiliser
les règles de tonification / dispersion.
Wang Ping, grand érudit et premier médecin de la cour en 762, décida de vérifier l'authenticité des " King " en circulation.
L'Empereur Tsin Che Houang Ti (2ème siècle avant J.C.) voulut que l'histoire de la Chine commence avec son règne.
Pour cela, il lui fallait détruire toute trace du passé. Afin d'être sûr du résultat, il fit changer l'écriture ;
ainsi, les intellectuels ne pouvaient plus comprendre les anciens enseignements contenus dans le dessin lui-même des idéogrammes ;
il subit l'influence et la pression de la caste des Légistes et emprisonna les Lettrés (Taoïstes, Confucianistes),
fit brûler tous les Livres Classiques et interdit, sous peine de mort, toute référence à la Tradition et à l'Antiquité
Il est étonnant de voir que le Président Mao fit exactement la même chose, presque 2000 ans après, pour mettre en place la révolution culturelle.
Heureusement, après la disparition de cet Empereur, des chinois réussirent à reconstituer de mémoire les textes
dont ils pouvaient se souvenir et un Chou King ancien (cet ouvrage est un des plus vénérés des ouvrages philosophiques anciens)
fut, paraît-il, retrouvé caché dans un mur de la maison de Confucius. Cependant, la plupart des ouvrages,
ainsi reconstitués, contenaient de nombreuses erreurs, voire n'étaient pas des livres de l'antiquité mais seulement des écrits tardifs.
Wan Ping vérifia, corrigea et authentifia les ouvrages de référence. Il s'illustra d'abord par ses
commentaires critiques du So Ouenn en une étude sur son authenticité, son origine son fond et sa forme.
Il a laissé aussi une édition commentée du Neï King. L'ouvrage, perdu à l'époque Tang, fut recompilé sous
les Song et les Ming, puis réédité en 1955 à Shanghai (cet ouvrage aurait contribué aux travaux du Dr Duron).
C'est avec ce So Ouenn que nous travaillons et à partir duquel votre cours est établi. Sous les Tang,
le médecin impérial Tsin Ming Ro guérit l'Empereur Kao Tsong au risque de perdre sa propre vie.
L'Empereur Kao Tsong était affligé de vertiges et de céphalées ; sa vue était tellement affectée que les affaires de
la Cour commençaient à en souffrir. Après avoir diagnostiqué le cas, Tsin Ming Ro suggéra que quelques gouttes de
sang soient prélevées d'un point d'acupuncture de la tête. Lorsque l'Impératrice entendit cela, elle fut épouvantée
et exigea que l'on décapite le médecin. La tête de l'Empereur n'étant pas un endroit convenable pour y retirer du sang.
L'Empereur souffrait tellement qu'il décida de laisser faire le médecin et dès que Tsin Ming Ro eut traité le Paé Roé (20TM),
la vision de l'Empereur fut rétablie et il retrouva la santé.
Le Ta Tchreng (1644-1911 : dynastie des Tsing) est un recueil dans lequel sont consignées la plupart des méthodes utilisées
jusque là. Signalons aussi que, d'après le Professeur Leung Kok Yuen, certaines méthodes utilisées auraient pris naissance
à partir de mauvaises interprétations du Neï King. Elles ont été commentées en (225 A.V. J-C), dans un ouvrage célèbre,
le Nan King, " commentaires difficiles " du Neï King. Ce traité en 2 volumes est attribué à Pien Tsou,
personnage semi-mythique contemporain de la dynastie des Tche (- 225). Son nom devint celui de tous les médecins célèbres.
Il était capable de voir les organes internes à travers la peau et prétendait ne devoir faire l'examen du malade que par
l'examen du pouls. On lui attribue des greffes d'organes sous anesthésie par des vins narcotiques.
Pour compléter cette partie qui permet de connaître une grande part de l'histoire médicale voyons plus en détails
des faits historiques importants. Voir Fu Yi et les Trigrammes. Les mécanismes de cette progression vous seront expliqués
avec le cours sur le Yin / Yang.
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